Ré-écrire un texte ? C'est assez simple !
Ce qui suit est extrait d'un "roman" écrit par une personne originaire des grandes Antilles (Haïti). Niveau intellectuel de début de collège ; cette personne écrit énormément, malgré d'évidentes lacunes langagières. Mais il paraît que la chose n'est pas rare à Haïti.<o:p></o:p>
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<o:p> </o:p>Mon père se lève il va au toilette, il est midi c'est l'heure du dîner, la table est servie mon père et moi on se met à table après avoir manger on vient sur le balcon je demande à mon père : <o:p></o:p>
- Comment va ma sœur<o:p></o:p>
- Elle va venir en janvier<o:p></o:p>
- Oui elle va venir<o:p></o:p>
- Et les travaux des champs cela marche<o:p></o:p>
- Oui cela marche grâce à Dieu j'attends la récolte bientôt je vais cueillir le riz à Pélicier<o:p></o:p>
- Et bien c'est bon d'avoir la récolte tu te demène pour cela il faut se rejouir quand il y a de bon récoltes un coup tu perd un coup tu gagne ton bonheur depend de la largesse de la nature<o:p></o:p>
- Oui, tu dis vrai c'est comme la nature me donne si elle est généreuse avec moi elle me donne beaucoup autrement je n'en retire très peu il y a d'abondance cette fois ci je remercie Dieu à l'avance parce qu'il ………………… (illisible) ma récolte<o:p></o:p>
- Papa et mon histoire de voyage quand est ce que tu vas t y mettre<o:p></o:p>
- Je vais le faire j'ai un peu d'argent avec moi, je vais le donner a madame Borduné pour commencer à regler tes affaires de voiyage<o:p></o:p>
- Ah c'est bien alors tu as pensée<o:p></o:p>
- Mais oui, je pense tout le temps<o:p></o:p>
- Je peux commencer à éspérer<o:p></o:p>
- Oui, tu peux éspérer ma fille<o:p></o:p>
- Cela fait tellement longtemps que je t'entend parler, s'il est arrivé le jour je suis heureuse<o:p></o:p>
- Mais oui, je sais que ton souhait c'est de voyager je ferais tout mon possible pour que tu sois heureuse<o:p></o:p>
- Oui papa, je sais que je peux compter sur toi<o:p></o:p>
Observations<o:p></o:p>
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Comme on peut le voir, notre romancière est fâchée avec la ponctuation, les accords de base (mais ça, c'est normal) ainsi qu'avec la construction des dialogues. Par ailleurs, comme pas mal de monde, elle a tendance à écrire comme elle parle, et ce d'autant plus que le texte est un premier jet (dactylographié à l'identique du texte couché sur le papier et non raturé par l'auteur). <o:p></o:p>
Cela dit, la réécriture doit impérativement tenir compte du registre de langue, en adéquation avec l'identité du narrateur (l'auteur c'est la personne qui écrit le roman, le narrateur c'est le personnage qui [se] raconte à la première [ou troisième] personne. Pour preuve : on peut avoir une narratrice s'exprimant à la première personne dans un roman écrit par un homme, et inversement.). Ici, le registre de langue est du type "familier" (langue populaire pratiquée par des gens simples). Une langue trop évoluée serait, ici, hors de propos, pour ne pas dire qu'elle relèverait du contresens. En clair, certains tics de langage propres à un certain milieu seraient les bienvenus ! Le "rewriter" évitera, donc, à sur-corriger, laissant certaines formules en place, parce qu'elles correspondent mieux à la sociologie des personnages. A ce propos, je me suis rendu compte que les Haïtiens, à l’instar de pas mal de peuples francophones, avaient conservé la "vieille" dénomination des repas quotidiens, avec déjeuner le matin, dîner à la mi-journée et souper le soir !<o:p></o:p>
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<o:p> </o:p> Mon père se lève pour aller aux toilettes ; il est midi, c'est l'heure du dîner. La table est servie ; mon père et moi, on se met à table. Après quoi, on vient sur le balcon. Je demande à mon père : <o:p></o:p>
- Comment va ma sœur, elle va venir en janvier ? [c'est le même personnage qui prononce ces deux phrases ; il n'y avait pas lieu de les disposer sur deux lignes.]<o:p></o:p>
- Oui elle va venir.<o:p></o:p>
- Et les travaux des champs, cela marche. [apparemment, les Haïtiens n'ont pas trop l'habitude du "ça".]<o:p></o:p>
- Oui cela marche ; grâce à Dieu j'attends la récolte bientôt ; je vais récolter [cueillir] le riz à Pélicier<o:p></o:p>
- Eh [et non pas "Et"] bien, c'est bon d'avoir enfin une récolte ; tu te démènes pour cela depuis longtemps déjà ! Il faut se réjouir quand il y a de bonnes récoltes ; un coup tu perds, un coup tu gagnes ; ton bonheur dépend de la largesse de la nature.<o:p></o:p>
- Oui, tu dis vrai ; c'est la nature qui décide ; si elle est généreuse avec moi, elle me donne beaucoup ; autrement, je n'en retire que très peu ; il y a de l'abondance cette fois-ci et j'en remercie Dieu à l'avance parce qu'il semble avoir béni ma récolte.<o:p></o:p>
- Papa, et mon histoire de voyage, quand est-ce que tu vas t'y mettre ?<o:p></o:p>
- Je vais le faire ; j'ai un peu d'argent avec moi, je vais le donner à madame Borduné pour commencer à régler tes affaires de voyage.<o:p></o:p>
- Ah, c'est bien ; alors, tu y as pensé ?<o:p></o:p>
- Mais oui, j'y pense tout le temps.<o:p></o:p>
- Je peux commencer à espérer ?<o:p></o:p>
- Oui, tu peux espérer, ma fille.<o:p></o:p>
- Cela fait tellement longtemps que je t'entends en parler, s'il est arrivé, ce jour, alors je suis heureuse.<o:p></o:p>
- Mais oui, je sais que ton souhait c'est de voyager ; je ferai tout mon possible pour que tu sois heureuse.<o:p></o:p>
- Oui papa, je sais que je peux compter sur toi.<o:p></o:p>
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Faire connaitre son site<o:p>
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